LES SUPPORTS 

Pour que chacun puisse pratiquer en profondeur et avec justesse, M. BKS Iyengar a développé une pédagogie progressive utilisant des “supports”.

Nous appelons “supports” les briques, couvertures, chaises, bolsters, sangles, mais aussi les murs!, qui nous servent à progresser et à pratiquer des variantes, pour mieux nous approcher de la posture finale.

A quoi servent les supports dans le yoga Iyengar®?

 Mieux identifier et sentir les actions dans les postures,  cela les rend parfois plus difficiles …mais plus justes!

 Mieux adapter les postures pour permettre à chacun de profiter de leurs bienfaits quelles que soient ses possibilités physiques cela les rend souvent plus faciles …. mais plus justes!

Deux écoles s’opposent, celles de deux Guruji (guru signifie “maître“ en sanskrit et le suffixe -ji est une marque de respect) qui ont fondé leur lignée

 

 Sri Patthabi Jois fondateur de l' Ashtanga Yoga  

 B.K.S Iyengar fondateur du yoga IYENGAR

 

Sri Pattabhi Jois n’a jamais vraiment commenté l’utilisation des supports, parce qu’il les considéraient plutôt superflus. Il estimait en effet que leur emploi interrompait le flux d’énergie qui s’installait lors de la pratique. Lui, se concentrait avant tout sur l’enseignement du placement des membres sur le corps et au sol, sur la combinaison de l’activation des bandhas (verrous) et de la respiration ujjayi. Et ces aspects lui importaient plus qu’un alignement parfait dans telle ou telle asana. 

 

Son exclusion des supports s’explique aussi par l’enseignement même de la méthode Ashtanga (surtout en Mysore). Traditionnellement, tous les novices de cette méthode se voient apprendre la même série fixe de postures : la Première série.  Le professeur apprend à ses élèves posture après posture, dans un ordre strict. Et si, malgré les ajustements manuels et les instructions verbales, le pratiquant peine à en réaliser une, son professeur l’arrête. Pourquoi ? Parce que cela signifie que le corps de l’élève n’est pas encore prêt pour la suite - puisque chaque asana prépare le suivant. Selon la discipline, la physiologie et le passif de chacun, cette méthode peut s’avérer lente, frustrante voire redondante. Mais, enseignée ainsi, au cas par cas, elle devient accessible à tous.

 

Les supports sont pourtant de plus en plus présents dans de nombreux studios de yoga, dont ceux de Ashtanga. S’agirait-il d’un rejet de la tradition, stagnante et éculée ? Non. Le nombre des pratiquants de cette méthode augmente drastiquement. Les studios manquent parfois de professeurs expérimentés, de créneaux et/ou de salles pour répondre à la demande. Le yoga est aussi leur gagne-pain, ce qui les empêchent de refuser des élèves au-delà d’un certain nombre (même s’il le faudrait parfois). Résultat, les cours sont plein à craquer. Il ne s’agit plus de faire du cas par cas pour le professeur lorsqu’il se trouve face à une quinzaine ou un trentaine d’élèves.

 

Il est alors plus pratique d’apprendre aux élèves à se servir des supports pour ressentir les effets d’une posture, quand il devient impossible d’ajuster manuellement (pour le même résultat) chaque personne. C’est l’un des motifs de leur emploi.

 

Principales raisons de leur utilisation

 

Dans les années 1980, B.K.S Iyengar invente la plupart des supports utilisés aujourd’hui.

 

Ils remplissent alors des usages différents et complémentaires :

1) Permettre de rester plus longtemps dans certains asana.

2) Augmenter la confiance des élèves dans des postures qui représentent pour eux un défi.

3) Faire ressentir aux pratiquants en difficulté le bon alignement du corps dans les postures.

4) Aider chacun à approcher et saisir la forme finale d’un asana.

 

Vous le comprenez facilement, ces supports servent de béquilles. Mais à l’inverse des béquilles, ces aides matérielles temporaires ne servent pas qu’aux blessés. Ni aux débutants. Ils seraient d’ailleurs dommage d’apprendre à se servir de béquilles avant d’apprendre à marcher.

Comme les ajustements manuels, les supports servent donc aussi à ancrer et mémoriser en profondeur les actions indues par la prise et le maintien d’une posture. Et l’on peut ensuite s’en séparer pour pouvoir recréer sans eux les sensations vécues avec. Peut-être faut-il pour cela éviter de les utiliser systématiquement pour faire les postures mais plutôt les employer ponctuellement de façon innovante. « Les supports nous guide vers la connaissance de soi », disait B.K.S Iyengar.